grandes affaires criminelles

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Message par mini le Dim 14 Fév - 5:01

La séquestrée de Poitiers - Genèse d'un fait divers médiatisé



Ou comment la rumeur publique, relayée par la presse populaire, transforme un drame domestique en affaire nationale. Grand émoi dans la France de la IIIe République. Mais la réalité est plus complexe.



Le 23 mai 1901, sur ordre du procureur général qui vient de recevoir une lettre anonyme, une perquisition a lieu chez Mme Monnier, 21, rue de la Visitation, à Poitiers. Au deuxième étage, dans une chambre dont les persiennes sont cadenassées, le commissaire de police découvre la fille de la maison, prénommée Blanche, entièrement nue, la tête cachée sous une couverture. Elle ne pèse plus que 25 kg : un squelette vivant. Elle gît sur son lit au milieu d'excréments et de débris de nourriture. En cet ignoble amas de saletés, grouillent toutes sortes de vermines. Son sort funeste a inspiré de la pitié à l'auteur de la lettre anonyme, qui pourrait être un officier dont l'ordonnance fréquente l'une des bonnes en cachette.

Comme elle ne possède ni linge de corps ni vêtements, elle est ficelée dans une couverture et portée dans une ambulance municipale qui la conduit à l'Hôtel-Dieu. Tout ce remue-ménage attire les curieux. Les voisins rapportent qu'ils entendaient la victime pousser des cris. On parle de séquestration. Le lendemain soir, sur ordre du parquet, le frère de Blanche, Marcel Monnier, et la mère sont arrêtés et conduits en prison. Malgré les précautions de la police, une foule houleuse se rassemble sur leur passage avec des clameurs de haine et de vengeance.

Les jours suivants, l'affaire est l'objet de toutes les conversations, d'autant que la famille est honorablement connue. Le père, Emile Monnier, a été doyen de la faculté des lettres de Poitiers de 1875 à 1879. C'était un universitaire dans l'âme, mais aussi un homme bon et faible. En 1847, il a épousé Louise Demarconnay, fille d'un agent de change. D'après les témoignages recueillis, elle est peu intelligente, nerveuse et acariâtre. De condition sociale supérieure à celle de son mari, elle s'arroge l'autorité dans le ménage et son caractère irascible se double d'une avarice sordide.

Leur fils Marcel est né en 1848. Après des études à la faculté de droit de Poitiers, il débute dans l'administration en 1873 comme conseiller de préfecture à Mont-de-Marsan. L'année suivante, il épouse une demoiselle de la noblesse espagnole dont la mère est venue en France à la suite de la seconde guerre carliste.

Marcel Monnier est ensuite nommé sous-préfet de Puget-Théniers (Alpes-Maritimes), mais il est révoqué à la suite de la crise du 16 mai 1877. Après cet échec, il revient tout penaud vivre à Poitiers et, en 1891, s'installe avec sa famille dans une maison située en face de celle de sa mère. Ce voisinage n'empêche pas les discussions violentes, bien au contraire. Marcel insiste pour que sa soeur soit placée dans une maison de santé, mais leur mère s'y refusera toujours. Mme Monnier s'est aussi engagée à verser une rente à son fils en vertu de son contrat de mariage et des disputes éclatent à l'exigence de chaque terme.

A Poitiers, Marcel mène une existence très simple. Son seul plaisir est de passer des vacances à Ciboure, près de Saint-Jean-de-Luz, dans une maison qui appartient à sa femme. Cet homme est plein de manies et ses quelques amis s'en amusent beaucoup. Les témoins abondent pour le dépeindre " aussi myope au moral qu'au physique " et " d'une naïveté invraisemblable ". Un jour, on lui fait manger des crottes de chèvre saupoudrées de sucre qu'il prend pour des fraises des bois ! Comme le reste de la famille, il se complaît dans la saleté, avec en outre un attrait pathologique pour les excréments. Cela explique qu'il ait pu venir tous les jours lire le journal dans la chambre de sa soeur sans être indisposé par l'odeur qui y règne et même en y trouvant quelque satisfaction olfactive.

Blanche Monnier, née en 1849, a toujours manifesté une très grande nervosité. Elle ne supporte pas le caractère autoritaire de sa mère et, au moment de l'adolescence, reste confinée dans sa chambre en refusant de s'alimenter. Il semble qu'elle ait souffert de ce que les médecins appellent aujourd'hui l'anorexie mentale. Cette affection, entraînant une perte de poids rapide et importante, était autrefois associée à des crises de mysticisme. Dans nombre de cas, elle intervient comme une réponse à un conflit mère-fille. Si elle n'est pas soignée à temps, l'anorexie peut conduire à un état dépressif accompagné d'altérations psychiques et fonctionnelles.

Le bruit court, au moment de la découverte de l'affaire, que Blanche Monnier, dans sa vingt-troisième année, sortait souvent avec sa bonne pour se rendre dans une maison voisine habitée par un avocat. Le quartier jasait. Il y eut un projet de mariage désapprouvé par Mme Monnier à cause de la trop grande différence d'âge. On raconte à ce sujet, sans apporter le moindre indice, que Blanche aurait accouché clandestinement d'un enfant qui serait mort ou aurait été supprimé à la naissance. Il est possible que cet amour contrarié ait contribué au dérangement psychique de la pauvre femme, mais elle n'était pas séquestrée. La réclusion est volontaire et c'est de façon progressive que Blanche, rejetant toute forme de relation avec sa mère, s'est réfugiée dans sa chambre sans vouloir en sortir. Vers 1880, les crises nerveuses deviennent de plus en plus fréquentes. Blanche voit des fantômes partout, rit pour un rien et pousse des cris qu'on entend jusque dans la rue. Par un renversement des règles de bienséance, elle se couvre la tête d'une couverture pour cacher son visage, mais laisse la partie au-dessous de la ceinture complètement dénudée. Elle se montre ainsi à sa fenêtre et, comme en face se trouve un cabaret, son père ordonne de fermer les persiennes et d'y mettre une chaîne avec un cadenas. La situation s'aggrave ensuite par paliers : au décès du père en 1882, puis en 1896, à la mort de la veuve Fazy, une bonne qui est restée quarante-cinq ans au service des Monnier - celle-ci arrivait malgré tout à se faire écouter de Blanche et à la maintenir dans une propreté toute relative. Après sa mort, Mme Monnier engage de jeunes bonnes, dont elle n'arrive pas à se faire obéir. Au mois d'avril 1901, la vieille dame tombe malade et il arrive un moment où Blanche est laissée à l'abandon au milieu des immondices.

Au moment où l'affaire éclate, le 23 mai 1901, les journaux emploient le même ton d'apitoiement face à cette " créature ", puis l'émotion fait place à l'indignation. Comment une mère peut-elle être aussi dénaturée pour isoler sa fille et la laisser dans un état de maigreur effrayante au milieu de tant de pourriture ? Pourquoi un frère, qui fut sous-préfet, n'a-t-il pas réagi face à la situation horrible dans laquelle se trouvait sa soeur ? N'a-t-il rien vu, rien senti lors de ses visites quotidiennes dans la chambre de Blanche ? Les journaux de gauche s'acharnent sur les inculpés : la mère d'abord, qu'ils présentent comme une " horrible mégère " doublée d'une " bigote " ; le frère ensuite, dont ils font l'un des chefs du parti clérical et réactionnaire de Poitiers.

Mme Monnier qui est déjà malade, meurt en prison, quinze jours après avoir été arrêtée et son fils doit seul répondre devant la justice. La chambre d'accusation de la cour d'appel ne retient pas contre lui la complicité de séquestration, mais considère qu'il existe des charges suffisantes pour le considérer comme complice de violences et voies de fait pour avoir aidé sa mère dans la consommation d'un délit.

Le procès devant le tribunal correctionnel de Poitiers s'ouvre le 7 octobre 1901. Dans la salle, trop petite, il y a une très grande affluence et un essaim de journalistes parisiens s'est abattu sur la ville. Chaque jour, des manifestations hostiles au prévenu se produisent aux abords du palais, à l'entrée de la prison ou sur le trajet. Les agents de police ont beaucoup de peine à empêcher les braillards de barrer le passage.

A l'audience, l'interrogatoire mené par le président vise à établir que Monnier n'a pas pu ignorer les agissements de sa mère, ni l'affreuse détresse de sa soeur. Face aux accusations, le prévenu souligne son indépendance. Il habite sa propre maison et rappelle les nombreux conflits qu'il a eus avec sa mère. Après le réquisitoire, Me Barbier plaide l'irresponsabilité de son client : Monnier, qui a une très mauvaise vue et aucun odorat, ne s'est rendu compte de rien et, du point de vue strictement légal, rien ne peut lui être reproché.

Le tribunal ne suit pas ce point de vue. Marcel Monnier, reconnu coupable de complicité du délit de violences, est condamné à quinze mois de prison. Le prononcé du jugement, le 11 octobre, suscite des applaudissements dans la salle et au dehors, sur la place du Palais, la foule manifeste son approbation en hurlant des cris hostiles au prévenu.

Monnier fait aussitôt appel du jugement. Dans son arrêt du 20 novembre 1901, la cour d'appel souligne que dans cette affaire aucune violence, à proprement parler, n'a été exercée. Elle relève seulement d'omissions (défaut de soins, défaut de surveillance, etc.). Ces faits négatifs ne peuvent pas être considérés comme des éléments constitutifs du délit. En d'autres termes, la violence, telle que la prévoit l'article 311 du code pénal, doit toujours être un fait de commission et ne peut jamais résulter d'une omission. Juridiquement, rien ne peut être invoqué contre Monnier et celui-ci est acquitté.

Pendant ce temps, Blanche se rétablit peu à peu, grâce aux bons soins des religieuses de l'Hôtel-Dieu. Elle prend rapidement du poids mais son comportement reste étrange et jamais elle ne recouvrera la raison. Le 11 juin 1902, elle quitte l'Hôtel-Dieu de Poitiers pour être placée à l'hôpital psychiatrique de Blois où elle meurt en 1913. Son frère Marcel règle la succession de sa mère et part se reposer à Ciboure, mais il conserve une maison de campagne à Migné, près de Poitiers, et c'est là qu'il meurt lui aussi en 1913.

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Message par MasH le Dim 14 Fév - 5:11

Rolling Eyes didiou Weightt Watcher a une concurrente sérieuse là Rolling Eyes

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Re: grandes affaires criminelles

Message par mini le Lun 12 Avr - 22:18

Lucien de Crop connaissait trop bien le prix de la mort-aux-rats

Un type étonnant, ce coiffeur dégarni. Tous les éléments sont contre lui, il a même reconnu, devant les policiers et le juge d’instruction, avoir empoisonné son épouse à petit feu, mais d’un bout à l’autre de son procès, il hurle son innocence. Il est intelligent, beau parleur et habilement défendu par Me Floriot en personne, mais rien n’y fait. Le 3 novembre 1950, à 6 h 40, il est guillotiné.

Georgette était très amoureuse de Lucien. Ils se sont connus au bal, à Lille, en 1931. Il venait de terminer son service militaire, il était plein d’entrain, plein de vie, il était prêt à tous les efforts pour lui offrir la vie qu’elle méritait.
Avant l’armée, il avait travaillé dans plusieurs ateliers, tâté à divers boulots, et partout, on l’avait observé de la même manière : « Un garçon charmant. Un bon camarade, mais qui parlait beaucoup. Un peu crâneur, en fait. » Georgette s’était laissée séduire. Sa mère était coiffeuse, elle voulait l’être aussi, alors Lucien de Crop, qu’elle épouse deux ans après l’avoir rencontré, se fait coiffeur, et le salon familial ouvre ses portes rue Colbert, pas très loin du centre de Lille.
À ce moment-là, si on en croit Lucien, il est déjà l’amant de sa belle-mère. Oh, il ne le dit pas de cette manière ; un séducteur a son vocabulaire.
Lucien, devant la cour d’assises du Nord, préfère reconnaître que, plusieurs fois, ils ont « cédé aux emportements de la nature »…
« Une surprise des sens »
Mais la nature a ses caprices et les emportements, parfois, leurs retournements.
– « Quand vos relations sont-elles devenues moins cordiales ? », demande le président.
– « Ma belle-mère avait fini par s’imposer chez moi. En 1941, elle était la véritable maîtresse de maison et c’est d’elle que je recevais mon dimanche… » Il est moins flamboyant, là. Le front plissé et l’oeil affligé, il raconte une vie soumise à l’autorité de la maîtresse femme que sa belle-mère contestera être, quelques instants plus tard, à la barre.
Et puis, le président veut savoir qui est exactement cette Jeanine, qu’il a connue en 1944. « C’était une fille de bar », dit-il.
Et c’est parce qu’il était FFI qu’il avait fréquenté ce bar, où il avait connu cette « passade »… Mais s’il s’était découvert tardivement un engagement dans la Résistance, le président note que sa relation avec Jeanine, elle, n’était pas fugace : « Ces relations ont continué jusqu’au décès de votre femme… » Dès qu’on parle de ses conquêtes, Lucien retrouve de sa superbe, en même temps que son vocabulaire : « C’était une surprise des sens. Cela devait être sans lendemain… » Et puis, à la fin de l’année 1945, Georgette tombe malade. Ils ont eu Georges, qui est tout petit encore, et la jeune femme se plaint à quelques amies que son mari devient distant, « moins gentil ».
– « Mais c’est moi, sur le conseil des médecins, qui l’ai fait entrer en clinique ! » Il a retrouvé son énergie, là. Son pouvoir de persuasion : « J’aurais donné ma vie pour sauver ma femme ! J’avais emprunté 25 000 francs à mon comptable pour payer les frais. » Un temps, Georgette va mieux, mais cela ne dure pas. Ses douleurs sont de plus en plus violentes, elle se tord de douleur au fond de son lit, perd ses cheveux, ne peut plus rien avaler. Un expert vient dire qu’il a trouvé là des signes caractéristiques de l’empoisonnement au thallium, l’un des composants de la mort-aux-rats.
De Crop larmoie, parle de sa « petite Georgette », mais le président fait défiler les témoins et comme les gouttes du supplice chinois, les récits accablants lui tombent dessus, implacablement.
L’une dit qu’il avait l’air de plus en plus heureux, au fil du calvaire de Georgette, l’autre raconte qu’il chantait « liberté, liberté chérie … », une dame se souvient qu’il disait : « Vivement que tout soit fini »… Et jusqu’au policier qui a recueilli ses aveux, le jour de son arrestation : « Il m’a dit que c’était l’idée de se rendre libre qui l’avait poussé… » Et le policier raconte que, dans son élan, il a même indiqué le nombre de doses qu’il a administrées et le prix exact d’une fiole de mort-aux-rats : « Treize francs cinquante »… Le face-à-face avec sa belle-mère devient inévitable. Mme Thibault de Monbois en a, des raisons de lui en vouloir : elle aussi a eu les mêmes symptômes. Vomissements, pertes de cheveux, malaises… Elle est persuadée, et les policiers avec elle, que de Crop a essayé de l’éliminer, elle aussi.
Et puis, surtout, elle conteste avoir été sa maîtresse. Ce qui le met hors de lui. L’échange est terrible.

Juste un mot…
Une fois calmée, Mme Thibault de Monbois dit qu’elle s’est toujours méfiée de son gendre. Pas Georgette, qui mettait son doigt devant sa bouche quand sa mère lui demandait ce que Lucien lui avait encore administré. Elle ne voulait pas qu’on puisse accuser le père de son enfant… Lucien de Crop aurait pu être abattu, là. Sonné par les charges qui s’abattaient les unes après les autres. Mais non. Juste avant que le jury se retire, il eut une dernière sortie : – « Je ne puis que dire de toutes mes forces et de tout mon être que je suis innocent. » Et, se tournant vers sa belle-mère : « Pour la mémoire de ma femme et pour mon gosse, je leur pardonne tout le mal qu’ils m’ont fait. » Alors, des lèvres si dignes de Mme Thibault de Monbois, on entend juste un mot : « Salaud… » Une bonne heure plus tard, la cour d’assise du Nord prononcera la peine de mort. •

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Re: grandes affaires criminelles

Message par mini le Jeu 6 Mai - 22:20

CHARLES MANSON

partie1


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Re: grandes affaires criminelles

Message par mini le Jeu 6 Mai - 22:22

partie 2


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Re: grandes affaires criminelles

Message par mini le Jeu 6 Mai - 22:22

partie3


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Re: grandes affaires criminelles

Message par MasH le Ven 7 Mai - 6:10

king

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Message par mini le Mar 18 Mai - 18:56

John Gacy Le Clown Meurtrier
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